Avec la Turquie et la Grèce, la France reste un des derniers Etats centralisés d'Europe. Celle ci par son évolution lui impose de revoir sa politique jacobine archaïque. Ainsi, la Corse va une nouvelle fois servir de laboratoire institutionnel à la décentralisation française.
Le projet statutaire des Ministres Sarkozy et Raffarin est un timide replâtrage institutionnel qui est bien en deça de la délibération de juillet 2000 de l'Assemblée de Corse. Il n'assure même pas la suppression définitive et effective des Conseils généraux, outils du clientélisme le plus rétrograde. Ces derniers seront maintenus sous une autre appellation avec de petites compétences pour recaser les nombreux politiciens insulaires dans leur pouvoir parcellaire.
Ce projet constitue une réformette qui n'est pas inscrite dans une "feuille de route" pour un règlement étapiste du problème national corse. Au contraire, le Ministre Nicolas Sarkozy, qui se félicite à chaque visite de sa politique répressive, veut à travers la consultation du 6 juillet et son projet solder pour 20 ans le problème institutionnel.
-Il occulte le fait national corse et le réduit à la simple question technocratique sur le "oui" ou "non" à une collectivité unique décentralisée.
-Il occulte les enjeux actuels, la dimension sociale avec une Corse de plus en plus en plus inégalitaire ;
la pression des forces de l'argent sur le patrimoine insulaire, et n'envisage pas de mesure de sauvegarde pour notre langue.
-Il occulte la question d'un corps électoral légitime qui aurait du être abordée pour ce scrutin comme cela a été fait pour la Nouvelle-calédonie.
-Il occulte surtout la question du pouvoir législatif de plein droit renvoyée à plus tard sous une forme de gadget. Les îles de la méditerranée, quand elle ne sont pas des Etats indépendants comme Malte ou Chypre, diposent depuis longtemps du droit de légiférer (dans leurs "affaires intèrieures", comme d'autres nations sans Etats d'Europe, l'Ecosse ou la Catalogne). Pour RINNOVU, ce pouvoir législatif de plein droit avec une citoyenneté légitime est la seule ouverture vers un processus étapiste de libre détermination ouvrant la voie de l'accession démocratique à l'indépendance politique de la Corse.
Tout statut, toute avancée, doit être un point de départ inscrit sur une "feuile de route" prenant en compte les droits nationaux du peuple corse, nous sommes loin du compte.
Trente années de sacrifices avec une politique répressive toujours d'actualité ne peuvent se solder par le chantage odieux du "rien ou peu" de la réforme de Nicolas Sarkozy. RINNOVU se prononce donc pour l'abstention, la non-participation au référendum piège du 6 Juillet 2003.
"Sin à a Vittoria"