Le projet de vidéo surveillance a fait l'objet d'une première proposition en juin 2005. Nous avons immédiatement écrit au maire pour lui manifester notre opposition de principe. Le maire a retiré le dossier de l'ordre du jour.
Un an après, en juillet 2006, l'exécutif municipal nous a sans discussion préalable soumis un nouveau projet considérablement réduit comprenant la rue Fesch, le port de plaisance, et le centre technique municipal. Nous avons voté contre de façon globale.
Il y a eu ensuite un vote global sur le marché sur lequel nous nous sommes abstenus car si nous contestons une partie du projet, (notamment parce que les caméras sont orientables et ne se contentent pas de filmer uniquement les plots d'accès a la rue Fesch), nous ne sommes pas opposés a la vidéosurveillance sur le port de plaisance en raison des vols qui s'y déroulent (cette vidéosurveillance a d'ailleurs été demandée par l'association même des usagers du port).
Notre lettre initiale du 23 juin 2005 ainsi que nos prises de position en conseil municipal témoignent clairement de notre opposition de principe aux conditions de mise en place de cette vidéo surveillance sur l’espace public concernant la rue Fesch notamment.
Voici le contenu de cette lettre :
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« Monsieur le maire
Le dossier concernant la mise en place d'une vidéosurveillance sur une grande partie du centre ancien de la ville Ajaccio a été présentée à la commission du 22 juin 2005, en vue de son examen nous au conseil municipal du 27 juin.
Comme je vous l'ai rappelé nous sommes ici dans un domaine sensible, qui doit être abordé avec précaution, comme en attestent les nombreuses mobilisations et oppositions manifestées sur ce sujet tant par une partie de la gauche qui a déposé un recours devant le conseil constitutionnel lors de l'adoption de la loi de 1995( voir les signataires notamment Jack Mellick, Emile Zuccarrelle, Daniel Vaillant, Sarre, Chevenement, Glavany , Charasse, Melanchon qui ne sont pourtant pas connus pour leur extrême tolérance …), que de sections locales de la ligue des droits de l'homme ou d’oppositions municipales ( de gauche en particulier) dans les villes ou ces dispositifs devaient être installés.
Le mode de présentation anodine de ce dossier, qui, à aucun moment, ne fait état du caractère délicat et problématique de ce type d'installation, des inconvénients qu'elle présente pour la protection de la vie privée, ainsi que des mesures qui sont prévues pour y faire face, nous conduisent à nous opposer à ce projet.
En effet, et compte tenu de la délinquance mesurée sur la ville d’Aiacciu, les inconvénients qu’occasionne le développement de ce type d'outil dans une logique sécuritaire « pour mettre en échec les voleurs » comme nous l’a dit le premier adjoint lors de la commission, sont à notre sens supérieurs au gain sécuritaire escompté.
L’absence de limitation mentionnée de façon explicite fait craindre des débordements comme le « flicage » des agents municipaux dans les locaux municipaux équipés, voire de la population, qui, si elle est dépourvue de la plupart des équipements de base en matière sportive, culturelle et autres, est « en pointe » en matière de surveillance sécuritaire.
L'étendue du territoire surveillé par ces caméras nous semble notoirement disproportionné par rapport aux objectifs affichés.
Par ailleurs le flou du dossier quant à ces objectifs, à l'implantation des caméras, à leur champ de vision ne permet pas d'avoir une idée exacte des limites dans lesquelles est circonscrite cette opération.
A s’en tenir à la lecture du document de présentation, sont concernés :
- Les accès de la rue Fesch
- Les abords de l’hôtel de ville
- La rue Lorenzo Vero
- Le port Charles Ornano
- Les abords de la salle des congres
- Les abords de la direction générale des service techniques
- Les abords de la bibliothèque municipale
- Les abords du musée Fesch
- Les abords de la place des Palmiers.
- Les abords de la place du Diamant
- Les abords du boulevard Sampiero
- Le centre technique municipal
- Le centre technique municipal provisoire
- Le parc auto
- La pépinière
En conséquence, nous renouvelons notre opposition à la mise en place de ce dispositif en l’état actuel des choses, tant qu'une large concertation n'a pas eu lieu, au vu d'un dossier beaucoup plus explicite que celui qui nous a été présenté. »
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Lors du conseil municipal du 27 juillet 2006 consacré a l’adoption du projet global, nous avons voté contre, en argumentant contre cette installation dans la rue Fesch notamment. Nous avons notamment fait valoir que ces caméras sont inutiles si l’on veut savoir ce qui se passe dans la rue Fesch.
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Lors du conseil municipal du 30 octobre 2006, nous nous sommes abstenus au motif que je vous ai déjà donné.
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Lors de notre conférence de presse d’hier, nous avons de nouveau évoqué cette question en précisant :
« Aussi soucieux que Mr Simon Renucci du bien être des Ajacciens, nous ne pouvons accepter que dans le même temps où la Corse subit les rigueurs de la répression la municipalité facilite celle ci en installant dans le centre ville une télésurveillance. Même si cette dernière a été notoirement réduite par rapport au projet initial, a la suite d’un courrier que nous avions adressé au maire dès juin 2005, les modalités de cette implantation dans la rue Fesch peuvent être attentatoire aux libertés.
Les conditions de cette installation pourraient donner lieu demain a une utilisation pour la répression politique, dont l’exécutif municipal porterait l’entière responsabilité.
Rappelons que le centre ville a déjà fait l’objet en 2000 d’investissements importants au titre du programme de surveillance électronique Acropol, a l’époque ou Chevènement était ministre de l’intérieur, avec des soutiens locaux que chacun a en mémoire. »